Décrivez brièvement votre vision et de vos priorités en tant qu'artiste.
Mon travail questionne le monde sur l’émergence d’une conscience globale, une conscience planétaire, la Noosphère, chère au philosophe et chercheur Pierre Teilhard de Chardin. Mon matériau premier est la sphère en tant que symbole de Gaïa, cette évocation de la terre aux accents mythologiques et scientifiques. James Lovelock, exo-biologiste ayant longtemps collaboré avec la NASA, fut le premier scientifique dans les années 70 à  poser le problème de l’Hypothèse Gaïa : la terre et la biosphère (ensemble des êtres vivants dont les humains) forment un gigantesque et unique être vivant. Photographe professionnel depuis près de 20 ans, issu d’une famille de photographe depuis générations, j’ai axé mes travaux artistiques, photographiques et plastiques, afin d’illustrer cette théorie. Mes oeuvres sont des photographies déclinées sous différentes formes plastiques : plat, en volume (bas reliefs), installations (impression sur une sphère), sculpture et vidéo. Je photographie des paysages, des architectures remarquables et des portraits.
Quelle importance cela a-t-il pour vous de partager ce séjour avec d'autres artistes de tous horizons culturels et artistiques? Qu'attendez-vous de ces rencontres et de ces interactions ?
J’envisage mon travail comme un vrai partage et un échange avec des artistes de différentes disciplines.
Dans mes expériences passées, j’ai eu l’opportunité de faire des expositions collectives (atelier Muniz, peintres, photographes, sculpteurs, 2004), de gérer un concours international de photographies (sur le thème « Scènes de Crimes Environnementales », en 2013), et de mener un travail, en collaboration avec la sociologue Bénédicte Delataulade sur des portraits de surfeurs (balade socio photographique, 1998). De cette résidence d’artiste, j’attends un enrichissement personnel, autant humainement que professionnellement. Lors de cette résidence, j’envisage des collaborations avec différents artistes.
Pourquoi êtes-vous intéressé par notre programme de résidence ?
C’est pour moi, une opportunité unique de pouvoir se dédier, un temps donné, à mon travail artistique. L’environnement tout à fait exceptionnel est un lieu de quiétude qui me permettra de décupler mon inspiration, c’est aussi un lieu qui favorise les rencontres et les découvertes artistiques. Mais avant tout, cette résidence me permettra de développer des échanges artistiques, multigénérationnels et internationaux, pour pouvoir m’ouvrir à d’autres univers, pour enrichir mon travail. Perenniser ces échanges est aussi un objectif, afin d’élargir mon réseau culturel. Enfin, ce programme est pour moi la possibilité de faire connaître davantage mon travail, tout en le faisant évoluer.
Comment avez-vous eu entendu parler de ce programme ?
Yvette Bernizan m’a recommandé votre résidence d’artiste.
Voter projet nécessite-t-il du matériel ou des installations particulières, autres que ce que vous apporterez avec vous ?
Mon projet nécessite l’utilisation d’un espace atelier doté d’une table. J’envisage d’utiliser les extérieurs et les intérieurs du Château comme matériau photographique d’une sculpture à venir.

Présentation de votre travail et du projet :

Mon travail a pour ambition de mettre en forme et en image l’émergence et le développement d’une conscience globale. Je me suis, au départ, interrogé sur la représentation du monde à tarvers la photographie. Un questionnement qui m’a conduit à  un travail artistique sur des images rondes, sphériques. Reproduisant le champ de vision humain, ces images me paraissent plus proches de la réalité, donnant aussi l’impression au spectateur de faire partie de l’image. J’ai aussi travaillé sur des montages de photographies en 3 dimensions, sur une sphère. J’ai ainsi présenté lors d’une exposition, une photo sphère de 1m de diamètre, traduisant le concept de réalité inversée. Les spectateurs pouvaient observer, en tournant autour, le paysage qui m’entourait lors de la prise de vue.

En multipliant la production de ces photographies rondes, j’ai cherché à les relier entre elles (nature, architecture, homme…) pour représenter les multiples facettes d’un gigantesque et unique organisme vivant : Gaïa. J’ai ainsi réalisé des diaporamas, et des videos mettant en scène ces photographies réalisées dans différents endroits du monde.

Par la suite, j’ai initié une collaboration avec l’équipe scientifique du Professeur Roger Nelson de Princeton University, en charge du « Global Consciousness Project », visant à  démontrer l’existence d’une conscience planétaire, au travers d’outils mathématiques et statistiques. Cette collaboration a débouchée sur la conception d’un logiciel, dont la réalisation est toujours en cours. Il s’agit, de mettre en image et en sons, l’activité d’une conscience planétaire découverte et étudiée par cette équipe de scientifiques.

Ce projet aboutit à plusieurs oeuvres distinctes, en cours de réalisation :

  • Une sculpture sphérique préfigurant l’arbre de Vie, interactive, mélant photos, sons et mouvements
  • Une animation video représentant l’activité de cette conscience globale Parallèlement, j’ai réalisé plusieurs centaines de portraits, d’hommes et de femmes, en noir et blanc, tous identiques dans la forme carrée et au cadrage très serré. Je cherche à mettre en lien ces images, pour illustrer d’une autre façon l’existence d’une conscience globale.Pendant la résidence d’artiste, je souhaiterais rechercher des lieux, des architectures, des personnages qui me fascinent, qui m’inspirent, afin d’approfondir mon travail. Je souhaiterais aussi faire aboutir mon projet que j’appelle « les Neurones » : il s’agira d’ initier une installation ou une sculpture et les portraits seront utilisés comme matériel principal.